23.02.2007
Je hais la Saint-Valentin
Allison Rushby [Red Dress INK]
Connaissez-vous la Chick-lit ? Il s'agit d'un nouveau genre littéraire qui s'adresse particulièrement aux "poulettes" quel que soit leur âge, même si les héroïnes ont souvent entre 20 et 30 ans. Ce sont des romans frais et légers dont la construction est souvent la même : une jeune femme célibataire vit en colocation avec une amie fidèle et dévouée. Elle attend sans le savoir de rencontrer l'amour, évènement qui se produit inévitablement et qui clôt le livre par un "happy end" ! Elle n'est pas toujours très à l'aise dans sa peau, se cherche, se pose mille questions comme la plus célèbre d'entre elles : Bridget Jones ! Les styles sont cependant variés et il existe autant d'histoires que de femmes !
Liv est dont une héroïne comme beaucoup d'autres : elle vit avec son amie Justine, a un boulot sympa avec Sally, une patronne qui a des airs de Samantha Jones dans "Sex & the city", devenue au fil du temps une fidèle copine. Elle est célibataire donc et ne veut rencontrer personne pour le moment : sa rupture avec Mike est encore trop présente dans son coeur même si elle essaie de guérir en allant consulter sa psy Tania toutes les semaines.
C'est le décès de sa collègue Mme Batty-Smith qui va déclencher une remise en question totale : qui a dit qu'une vieille fille un peu "grise" ne peut pas vous aider à rencontrer l'amour à l'approche de la Saint-Valentin ?
Ne cherchez pas sur la quatrième de couverture, Mme Batty-Smith n'est pas mentionnée. En fait, il est un peu vague ce résumé et il est vrai que l'on peut se sentir un peu dérouté dans sa lecture tant ce n'est pas ce à quoi on s'attendait. Mais la surprise n'en est que meilleure !
Attention ! A ne pas lire si vous souhaitez découvrir la suite du livre par vous-même...
Puisqu'elle lit des romans de Dickens pour se distraire (je ne sais pas ce que vous en pensez mais il y a plus gai comme littérature, non ?), Liv se voit imposer de comprendre qu'elle doit changer si elle ne veut pas finir comme sa collègue, seule et aigrie. Pour cela, elle doit, à l'image de Mr Scrooge, le héros de Dickens, voir défiler les différentes Saint-Valentin (celles du passé, du présent et du futur) et en tirer les leçons.
Je ne vous cache pas que j'ai été aussi surprise que Liv quand elle voit sa première "apparition", je me suis même demandée avec anxiété vers quoi s'embarquait l'auteur tant le fantôme en question me paraissait peu apte à vouloir aider ses semblables... J'ai même longtemps cru que cette rencontre dans les toilettes se produisait avec la jumelle de la défunte, c'est vous dire comme je n'avais pas accroché !
Et puis j'ai pensé un peu comme Liv : elle avait oublié son anti-dépresseur le matin, elle pouvait aussi être déshydratée et sujette à quelques hallucinations. Ce n'est qu'avec Tony que j'ai commencé à apprécier la tournure des évènements, cela me semblait beaucoup moins "science-fiction" avec un Cupidon en veste de velours rose, allez comprendre !
Elle devra affronter sa rupture avec Mike, un moment douloureux pour mieux appréhender le présent. Mais c'est aussi un des principes du genre : l'héroïne doit faire face à son passé et en tirer les leçons.
D'ailleurs on retrouve une valeur toujours très forte dans ce genre de roman : l'amitié. L'héroïne peut parfois se sentir seule, mais est en fait toujours entourée : que ce soit Rachel, Justine ou Sally, sans se donner le mot elles sont toujours là ! Pour les bons comme pour les mauvais moments.
Justine est peut-être celle qui peut se permettre de dire ce qu'elle ressent à Liv : c'est elle qui vit avec elle, qui a vu ce que Liv a vécu après sa rupture avec Mike, et qui a aussi amené Drew à la maison. C'est une vraie amie qui sait ce qu'elle fait quand elle confie ses doutes à Liv quant à sa relation avec le nouvel homme entré dans sa vie (grâce à elle). Car ce fameux Drew, en plus d'être mignon (les avis divergent quant à son "apparence"), se montre particulièrement compréhensif. Il faut bien qu'il fasse une petite gaffe au mariage avec son ex pour que l'on comprenne finalement qu'il n'est pas le prince charmant !
Tout est bien qui finit bien, évidemment. Mais c'est aussi pour ça que j'aime lire ce genre de roman : il y a toujours un "happy end" si positif qui vous redonne le sourire ! Le personnage principal traverse toute une série d'épreuves, de questionnements et de remises en question, mais finit par être heureux et c'est ce dont nous rêvons toutes un peu, non ?
Le +/- d'Ace : le parallèle avec Dickens est plutôt amusant. Qui ne connaît pas le vieux Scrooge, 'détesteur' des fêtes de Noël, qui se voit obliger de rencontrer les fantômes des Noël passé, présent, et futur pour changer de comportement et s'ouvrir au monde ? Suivant le même principe, Liv affronte ses différentes Saint-Valentin afin de laisser libre cours à ses sentiments. L'héroïne est attachante, tout autant que ses amies et son prince charmant. Drew est un garçon adorable, pas si parfait mais juste ce il faut pour redonner foi en l'amour à Liv. Le roman démarre bien, le style est alerte, l'auteur place ses personnages : on comprend d'entrée la tournure que va prendre l'intrigue. Le bât commence à blesser à partir de la première hallucination de Liv : cette Mme Batty-Smith avec son collier d'appareils photo est plus terrifiante qu'autre chose, et l'on peine à comprendre la raison de cette scène. La suite du roman ne nous éclaire pas plus, et l'on se demande encore après l'avoir fini si cette vieille dame était ou non une hallucination ! Pourtant le roman remplit parfaitement son rôle : Liv nous touche, ses aventures nous amusent et nous émeuvent. Et l'on est heureux avec elle quand elle se décide à... mais je ne raconterai pas tout !
23:05 Publié dans Chick-lit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chick-lit, littérature
