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26.03.2007
Franny et Zooey
J.D. Salinger [Pocket]
Ce roman est étrange, je ne saurais dire si j’ai aimé ce livre et j’ai bien du mal à en faire un résumé...
Tout au long de ma lecture, je n’ai pas arrêté de me demander "où veut en venir l’auteur ?" et ce sentiment persiste après avoir refermé le livre. Pourtant, je suis heureuse de l’avoir lu, il est souvent apparu comme une référence dans d’autres romans, films ou séries tv. Pourquoi ? Je ne saurais vous le dire…
La construction même déstabilise un peu : ce sont deux parties que je qualifierais de nouvelles qui composent ce livre.
La première concerne Franny, la petite dernière de la famille Glass. Elle retrouve son petit ami, étudiant comme elle pour le week-end. Nous sommes dans l’Amérique des années 50 et il se dégage un petit charme désuet de la description de nos amoureux qui décident de déjeuner avant de se rendre à un match, avec des amis. Lane parle beaucoup, on sent qu’il cherche à se donner une certaine « contenance intellectuelle ». Franny apparait plus fragile, peut être plus en retrait. Lentement mais sûement, son malaise nous gagne…
La seconde partie se consacre au point de vue de Zooey, le plus jeune frère de Franny. Celui-ci se voit contraint par leur mère de donner son avis quant à la conduite de sa sœur, depuis son bain puisque Bessie Glass a décidé de le déranger. La salle de bains puis le salon se présentent alors comme une scène de théâtre où Zooey dialogue tour à tour avec sa mère puis sa sœur, monologuant la plupart du temps.
Peut-on pour autant parler de réelle conclusion à ce récit ? Non et c’est peut être là tout le problème de ce livre, il n’a pas de réelle "structure" à laquelle on puisse se raccrocher.
Il faut accepter de prendre un train à la destination inconnue, tout en sachant que l’on va être un peu chahuté durant le voyage…
Attention ! A ne pas lire si vous souhaitez découvrir le livre par vous-même...
Franny traverse-t-elle une remise en question « spirituelle » ou une profonde dépression ?
Si ces petits livres et sa prière semblent lui être si nécessaires, ils sont une forme de béquille et je peux comprendre que Zooey essaie de la faire réfléchir sur l’image réelle qu’elle a de Dieu. Il repousse ses limites en la confrontant à la sécurité que l’on lui apporte cette prière et c’est sans doute le moment le plus fort du livre.
Le dialogue de Zooey veut d’ailleurs paraître confus mais est riche de questions, de convictions, de théories mais aussi des fantômes de cette maison (ces frères décédés) et du poids de la famille que nous avons tous en nous. Notre enfance, notre éducation, ce qui nous a été imposé ou pas.
Sa conversation avec Bessie est franche et directe. Il ne s’adresse pas à sa « maman » mais à la femme.
Quant à la pauvre Franny, je ne sais que penser à son sujet. Que voulait-elle vraiment entendre ?
Le +/- d'Ace : résumer ce court roman se révèle difficile... Le critiquer encore plus. Il est de ces classiques qu'on aime lire et avoir lu, mais qu'on peine à comprendre. De prime abord, en voyant la couverture du livre poche, j'ai été déroutée. L'illustration joue souvent sur le sens, or ce mélange pictural marron ne m'a pas vraiment inspirée... Et après avoir lu le livre, je me demande encore sa pertinence. Plus 'sérieusement', si les enfants Glass sont particuliers, ils restent attachants. Zooey n'a pas la langue dans sa poche, et sait indéniablement pointer les failles des systèmes : celui de sa soeur Franny, ou plus généralement celui de la maisonnée que les fantômes fraternels continuent de hanter. La religion tient également une part importante, étant le sujet du 'débat' qui oppose Zooey à sa soeur. Peut-être devrions-nous avoir connaissance de ce fameux petit livre de chevet pour mieux comprendre ce roman à la construction pour le moins singulière...
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05.03.2007
Quatre filles et un jean
Ann Brashares [Gallimard]
Quatre filles et un jean est le premier tome d'une série écrite par la romancière américaine Ann Brashares. Roman jeunesse, il raconte l'amitié de quatre adolescentes. Séparées le temps d'un été, elles gardent contact grâce à un jean 'magique' : ce jean qui ne payait pas de mine le jour où elles l'ont acheté se révèle extraordinaire. Il a la faculté de s'adapter à chacune d'entre elle, tout en les mettant en valeur. Plus qu'un vêtement, ce jean est le symbole de la force de cette amitié qui sublime les qualités de chacune de ces quatre ados.
Le lecteur découvre d'abord Carmen, d'origine portoricaine et dont les parents ont divorcé. Elle part rejoindre son père dans la banlieue de Washington, enthousiaste à l'idée de passer son été avec lui : parties de tennis et fous rires sont au programme. Mais une drôle de surprise l'attend... Lena est une adolescente superbe au charme typiquement méditerranéen. Avec sa soeur Effie, elle s'envole pour la Grèce rejoindre ses grands-parents. Sous le soleil de Santorin, elle découvrira des paysages magnifiques à peindre... et Kostos. Bridget, elle, est une ado sportive et tête brûlée. Pendant l'été, elle participe à un camp sportif au Mexique où elle cherchera à séduire un de ses moniteurs. A ses risques et périls. Enfin Tibby est la rebelle de la bande : peu soignée, elle est la seule à rester dans leur ville natale. Son projet pour l'été ? Travailler au Wallman local tout en réalisant un film sur les loosers du coin. Mais tout ça, c'était avant de rencontrer Bailey.
Le roman ne nous présente que rarement les quatre ados ensemble : les récits s'entrelacent, entrecoupés par les lettres qu'elles s'écrivent en s'envoyant le jean. La narration est parcourue par de nombreuses ellipses, qui donnent l'impression d'un temps du récit beaucoup plus court : de l'ordre de quelques semaines plutôt que de mois. Aucun temps mort ne vient plomber le roman grâce aux changements fréquents de situations.
Ces filles de septembre sont attachantes. Bien qu'elles soient très différentes, l'amitié qui les unit semble pourtant indéfectible. Le lecteur est témoin de leurs aventures au même titre que le jean. Si ces ados sont facilement identifiables en ce qu'elles sont une représentation des différentes adolescentes d'aujourd'hui, certaines sont plus touchantes que d'autres.
Attention ! A ne pas lire si vous souhaitez découvrir le livre par vous-même...
Le personnage le plus touchant est sans conteste celui de Tibby. Alors qu'elle entame sa journée de travail au supermarché, une cliente s'évanouit au milieu des déodorants. Cette cliente est en réalité une petite fille, ou plus exactement une ado de douze ans qui en paraît dix : Bailey. Quand Tibby passe chez elle le soir-même pour lui rendre son portefeuille oublié, elle est sidérée par l'agressivité de Bailey. Car la demoiselle n'a pas la langue dans sa poche, et aurait même tendance à attaquer Tibby. Celle-ci apprend alors que Bailey est malade, atteinte d'une leucémie. Eprouvant d'abord de la pitié pour la malade, allant jusqu'à l'autoriser (implicitement...) à participer à son film, Tibby finit par s'attacher à elle. Car Bailey est une véritable leçon de vie : elle apprendra à Tibby à aller voir plus loin que ces loosers interviewés pour le film, à découvrir les sensibilités derrière les apparences.
Raconter le livre serait trop long, et ferait perdre au roman tout son charme. Il convient cependant de savoir que chacune reviendra différente de cet été passé à la maison ou à l'autre bout du monde. Certaines auront appris à assumer leur sensibilité, d'autres à apprécier le bonheur de ceux qu'elles aiment. D'autres encore auront fait des bêtises mais auront compris que tout vient en temps et en heure, et qu'il ne sert à rien de vouloir aller trop vite. Les filles de septembre auront grandi, mais se seront serrés les coudes : cette amitié est le fil rouge du roman. Rien d'extraordinaire ne s'y passe, seulement le quotidien d'adolescentes : l'amitié, l'amour, les rencontres. Mais chaque lectrice pourra se reconnaître dans l'une d'entre elles, dans ces personnages finalement universels.
Le +/- de Lore : à la lecture, on se dit qu'il ne semble rien arriver d'exceptionnel à ces jeunes filles. Ce sont des adolescentes comme il y en a beaucoup, avec une confiance en soi "débordante" pour Bee et son contraire pour Lena et Tibby, et une attitude d'enfant un peu gâtée pour Carmen qui veut son "papa" pour cet été si particulier. Mais c'est justement ce qui fait que l'on se plonge si facilement dans ce roman : ces filles sont vraies, avec leurs qualités et leurs défauts, ont des sautes d'humeur, se fâchent et se rebellent. Elles ont 16 ans et l'auteur a su trouver les mots pour retranscrire les sentiments de ces héroïnes. Ce qui les rend vraiment proches de nous, et si attachantes que l'on a envie de découvrir encore d'autres étés avec elles !
Le petit + vraiment sympa : Les citations que l'on trouve au début des 'chapitres' sont toujours justes, souvent drôles. Elles semblent avoir été collectées au fil de livres, de chansons ou de conversations. Une de mes préférées : "Ceux qui errent ne sont pas toujours perdus" (JRR Tolkien). Ou au hasard : "La vérité vient avec le temps" (proverbe trouvé dans un biscuit chinois), ou encore "Avant de dire du mal de quelqu'un, faites un kilomètre dans ses baskets. Quand vous le critiquerez, vous aurez déjà un kilomètre d'avance et ses baskets en prime" (Frieda Norris).
Le petit - du pacte qui me fait bondir : le fait que les filles ne doivent pas laver le jean. Ok, il est magnifique, mais sincèrement, portée par quatre filles différentes même lors d'une soirée ou d'un évènement, et ce pendant deux mois... Qui aurait cru qu'il y ait un peu de Bree Van de Camp en moi ?
20:45 Publié dans Jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
